Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 18:26

marabout0210-1963-1-.jpgBob se trouve en villégiature à Londres lorsqu'il reçoit un appel de lord Bardsley lui demandant de le rejoindre au plus vite. Alors qu'il se précipite à son domicile au milieu d'un épais brouillard il lui semble le reconnaître sans toutefois parvenir à l'approcher. Quelques instants plus tard, il découvre son cadavre dans le bureau de sa demeure tandis que les hommes de mains de l'Ombre Jaune tentent de l'assassiner. Sorti indemne de ce guêpier, Bob va tenter de contrecarrer les projets de son ennemi en faisant le jour sur une série de meurtres étranges.

  

Ma première incursion dans l'univers pléthorique et inusable de Bob Morane m'a laissée sur ma faim. Sans doute suis-je tombé sur un épisode peu représentatif de l'œuvre de Henri Vernes même si l'on y croise plusieurs personnages récurrent dont son meilleur ennemi, la très célèbre Ombre Jaune. Toujours est-il que je me suis senti bien loin de cette vallée infernale chantée par Indochine et que le seul exotisme auquel j'ai eu droit c'est ce fameux smog qui enveloppe la capitale britannique. Mais à part cette atmosphère estompée et propice aux mystères, le dépaysement et le souffle de l'aventure m'ont fait cruellement défaut. L'histoire se résume à une succession de guet-apens et de chausses trappes dans lesquels le commandant Morane semble se faire un plaisir de tomber. Demeures isolées, docks déserts, immeubles abandonnés, il visite sans beaucoup de précautions ces lieux suspects et fonce tête baissée dans tous les pièges que lui tend l'infâme docteur Ming.
Le seul élément vraiment digne d'intérêt ce sont ces fameux sosies (en réalité de simples androïdes) auxquels le machiavélique Ming donne l'apparence de ses futures victimes. Cela nous donne l'occasion, sans doute unique, d'assister à un combat entre Bob et son ami Ballantine et même, quelques pages plus loin, entre Bob et sa réplique.
Ce livre m'aura en tout cas permis de faire connaissance avec l'intrépide aventurier et je renouvellerais l'expérience avec un opus un peu plus dépaysant, histoire de voir si la magie peut encore opérer sur un quadra un peu difficile mais qui n'a pas encore totalement perdu son âme d'enfant !

Marabout Junior - 1963

 

 

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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 17:58

bragelonne006-2006-1-.jpgA Richmond, Virginie, des meurtres d’une rare violence sont commis par un assassin invisible qui ne laisse pas le moindre indice derrière lui. Toutes les victimes sont pourtant tuées à l'arme blanche non sans avoir été au préalable horriblement torturées. Chargé de l’enquête, le lieutenant Decker réalise rapidement que ces crimes sont le fait de puissances surnaturelles et qu’il pourrait bien être l’une des prochaines victimes. Avec l’aide inattendue du fantôme de sa défunte compagne et d’une jeune trisomique, il va enquêter dans le milieu de la religion Santeria et sur une page d’histoire de la guerre de sécession.

"Le diable en gris" est un petit roman horrifique et bourré d'hémoglobine dans lequel Graham Masterton se montre fidèle à lui même. On ne s'étonnera donc pas que ses descriptions des tortures infligées aux victimes, reflet du martyr des saints du calendrier catholique, soient parfaitement écœurantes. On ne sera pas non plus surpris d'y rencontrer un anti-héros, en l'occurrence un policier un peu has been, aidé par une femme dévouée (ou plus précisément son fantôme ce qui exclue du même coup les petites scènes de sexe dont l'auteur est coutumier). On retrouvera enfin, comme toujours serait-on tenté de dire, un démon bien méchant, bien pervers et sacrément revanchard.
Pour ce qui est de l'intrigue, Masterton semble peiner à se renouveler et celle-ci m’a paru emprunter beaucoup à l'un de ses précédents bouquins : "Le jour J du jugement". On y retrouve notamment l'idée de l'utilisation de démons à des fins militaires et la captivité de l'un deux dans un objet détourné de son usage. Ici Chango, le dieu de la foudre, est enfermé dans un cercueil de plomb en lieu et place du char Sherman retenant prisonnier le démon Elmek...
Malgré ces petits défauts et son manque d'originalité, on prendra quand même plaisir à cette histoire qui constitue une immersion intéressante dans l'univers de la Santeria, ce culte d'origine cubaine, mélange de christianisme et de vaudou.

Bragelonne - L'ombre - 2006

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 20:52

jl0562-1974-1-.jpgLa Terre, dans un lointain futur. Sitôt ses études terminées, le jeune Juan Rico décide de s’engager dans l’armée malgré l’opposition de son père. Affecté dans l’infanterie mobile, il découvre le dur apprentissage des recrues ainsi qu’un système de valeurs différent de celui qu’il connaissait. Plus tard, après ses classes, il se retrouvera plongé dans la guerre opposant la fédération terrienne aux « punaises », race extra terrestre ressemblant à des araignées.

 

Robert Heinlein est considéré, sans doute à juste titre, comme l’un des meilleurs écrivains américains de SF. J’abordais donc ce livre avec confiance bien qu’ayant lu, ici ou là, qu’il y prônait une idéologie militariste et fasciste. En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’est que le Monsieur a la nostalgie de ses années passées sous les drapeaux. L’essentiel du livre nous relate en effet les classes du soldat Rico, ses premiers combats puis, de nouveau, son apprentissage de la carrière militaire afin de devenir officier.

Je n’ai pas d’attrait particulier pour tout ce qui touche aux armes ou à la guerre. J''ai donc trouvé le temps un peu long en compagnie de notre apprenti soldat d'autant que le background SF n’est pas très fouillé et constitue plus un prétexte qu’une fin en soi.

D’ailleurs, plus que le témoignage d’une idéologie quelconque, c’est cela qui m’a gêné : trouver un roman de guerre en lieu et place du roman de SF que l’on nous vend. Un peu l’impression d’avoir été trompé sur la marchandise.

Quant aux idées ou opinions qui affleurent dans ce livre, elles semblent en effet indiquer que Monsieur Heinlein est un tantinet conservateur. Il s’y montre partisan de la peine capitale et des châtiments corporels et pense que les citoyens qui ont accompli leur service militaire sont les seuls à mériter le droit de vote ! C’est un point de vu.

Notons tout de même que le style de l’auteur est agréable, très fluide et que, malgré un sujet à mon goût peu intéressant, je suis parvenu au terme de ce livre presque sans m’en rendre compte. Je ferais donc sûrement une autre tentative.

Editions J'ai lu - 1974

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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 17:33

9782080683748FS[1]Ayant besoin de "matière" pour son prochain roman, Bob Hansen accepte d'accompagner un de ses amis pour une randonnée de quelques jours. Mais, très vite, l'attitude de son guide change à tel point que Bob en vient à craindre pour sa sécurité.

Richard Matheson est décidément excellent lorsqu'il s'agit de décrire avec minutie la personnalité de ses personnages (L'homme qui rétrécit), les conflits entre personnes (Echos) et leurs difficultés à communiquer (Otage de la nuit).

Ici, nous sommes particulièrement bien servis puisqu'une bonne moitié du roman est consacré à la détérioration des relations entre deux amis ou plutôt la désagrégation de ce vernis de civilité qui, bien souvent, tient lieu d'amitié. De ce point de vue, le personnage de Doug est remarquablement dépeint. Ses sentiments envers Bob explosent sous les coups de boutoir de son mal être et de sa jalousie. Sa rancœur se dévoile et envenime ses actes et ses propos. Les remarques acerbes se transforment en insultes, les petites mesquineries font place aux coups et dégénèrent en un véritable déchaînement de violence.

Les derniers chapitres sont en revanche plus quelconques. La narration y devient répétitive avec un héros qui alterne phases de découragements et regain d'énergie tout en s'interrogeant sur la nature profonde de son poursuivant. A ce point du récit le lecteur devine que le meilleur est derrière lui et ne se pose finalement plus qu'une seule question : comment Bob va-t-il s'en sortir ? Signalons aussi quelques petites invraisemblances, dont la moindre n'est pas la scène du sauvetage du puma. Parce que tout de même, prendre le temps de porter secours à un animal aussi dangereux alors que vous êtes blessé, exténué et poursuivi par un psychopathe qui souhaite vous couper en rondelles, c'est assez difficile à avaler.

En tout cas, à l'instar de son écrivain de héros, Richard Matheson s'est copieusement documenté et son roman constitue presque un manuel de survie en milieu naturel. Emportez le donc lors de vos prochaines sorties en forêt, mais surtout, choisissez bien vos amis !

Flammarion Noir - 2003

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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 19:39

ldp02044-1976-1-.jpgJames Starr est dubitatif. Il vient de recevoir coup sur coup deux missives. La première est signée du contremaître de la mine d'Aberfoyle dont il fut directeur, qui le presse de venir le rejoindre. La seconde, anonyme, lui enjoint au contraire de ne pas répondre à cette invitation.
N'écoutant que sa curiosité il retrouve son ancien employé qui lui annonce avoir découvert un gisement qui permettrait peut-être de reprendre l'exploitation de la mine. Après quelques recherches leurs espoirs sont exaucés et l'extraction de la houille repart de plus belle.

Mais des incidents étranges font suspecter la présence d'individus malintentionnés. Qui se cache dans les recoins inexplorés de Coal City? Y-a-t-il un rapport avec la lettre anonyme ?

 

Je me souviens que ce roman figurait au programme de ma classe de 4ème dans le cadre d'un thème consacré au travail dans les mines. J'avais pour ma part opté pour Qu'elle était verte ma vallée de Richard Llewellyn et ne l'avais pas regretté. Mais les exposés de mes petits camarades sur ce roman de Jules Verne m'avaient donné envie de le lire. Trente ans plus tard c'est chose faite ! Mais, si la promesse est tenue, le plaisir escompté ne fut pas au rendez-vous.
Cela démarrait pourtant bien. Un scientifique courageux, de fidèles compagnons, une plongée dans un univers sombre et mystérieux, tout concourrait à la production d'un Jules Verne de bonne facture. La mine et son dédale de galeries proposaient un décor propre à susciter le mystère tandis qu'une menace d'origine inconnue et l'apparition d'une étrange jeune femme fournissaient l'essentiel de l'intrigue.
Mais très vite celle-ci passe au second plan et l'ami Jules se contente de jouer les guides touristiques. Il célèbre les beautés de l'Écosse, son patrimoine culturel et ses paysages variés. Il discoure sur les patriotes écossais, encense l'œuvre de Walter Scott et nous abreuve de références historiques ou folkloriques. Cela devient vite lassant et ce n'est pas l'amourette entre Harry et Nell qui relève ce récit bien trop romanesque et contemplatif.
J'ai également été gêné par sa peinture idyllique du monde de la mine. Ses ouvriers ravis de leur sort m'ont parus quelque peu suspects et je n'ai pu m'empêcher de les comparer aux mineurs miséreux et révoltés de
Germinal. Certes Jules Verne ne fait pas dans le roman social. Mais pouvait-il ignorer que les conditions de travail dans les houillères britanniques n'étaient pas plus reluisantes que dans celles du nord de la France ?
Alors oui, sa vision de cet univers souterrain donne lieu à quelques belles images dont Coal City, la ville érigée au fond de la mine, n'est pas la moindre. Oui le personnage de Nell, jeune femme née dans la mine et n'ayant jamais vu la lumière du jour, est attendrissant. Ça ne suffit pourtant pas à combler le vide laissé par une intrigue extrêmement légère.

Le livre de Poche - Jules Verne - 1976

 

 

 

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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 18:21

9782070398591-1-.jpgPour respecter les dernières volontés de son grand-père, Eemeli Toropainen entreprend l’édification d’une église dans le grand nord finlandais. Une fois le bâtiment construit, il décide de s’installer à proximité, bientôt rejoint par des écolos en rupture de ban, des ouvriers au chômage et quelques autres hurluberlus.

Une petite communauté à tôt fait de se constituer puis de prospérer et se révélera finalement mieux armée que bien des états quant il s’agira d’affronter les périls du nouveau millénaire.

 

On pourrait classer la plupart des romans d’Arto Paasilinna dans deux genres littéraires :

- les « road books » qui mettent en scène les tribulations chaotiques d’un ou plusieurs personnages à travers la Finlande et l’Europe : « Le lièvre de Vatanen », « La cavale du géomètre », « Petits suicides entre amis »…

- les « robinsonades » décrivant l’existence d’une communauté en marge de la société : « Prisonniers du paradis », « La forêt des renards pendus », «  le potager des malfaiteurs ayant échappés à la pendaison »...

Dans les deux cas il s’agit pour l’auteur de mettre en scène des personnages au caractère entier, anticonformistes, individualistes et refusant le carcan que leur impose la société. Le présent roman ne fait pas exception à la règle. Nous y trouvons des personnages truculents, bien décidés à conserver leur mode de vie et leur joie de vivre malgré les soucis que leur cause l’état finlandais, les institutions européennes et les évènements dramatiques de cette fin de XXème siècle.

L’auteur y décline tous les thèmes qui lui sont chers : un certain retour à la nature, mère nourricière et source de toute vie, le bon sens paysan opposé à l’absurdité des règles administratives et bien sûr la liberté. Liberté d’entreprendre, liberté d’aimer, de croire, de boire…

A première vue, tout cela n’a que peu de choses à voir avec la Science-Fiction. Et pourtant je n’hésite pas à classer ce roman dans le courant post-apocalyptique. Pourquoi ? Parce que la plupart des sujets inhérents à ce courant de la SF y sont présents, que ce soit dans les causes de la catastrophe (crise économique globale, incident nucléaire, 3ème guerre mondiale) que dans ses conséquences (effondrements des gouvernements, repli communautaire, lutte pour la survie…).

Bien sûr, l’apocalypse selon Paasilinna est une apocalypse joyeuse (c’est écrit dans le titre), pleine de finlandais rougeauds et hilares, adeptes de sauna et de bonne chère, et l’amateur de SF classique n’y trouvera sans doute pas son compte. Peut-être reprochera-t-il aussi à ce roman son manque d’intensité dramatique ou bien l’absence d’une réelle intrigue. Mais tout cela n’est pas bien grave tant l’humour et la bonne humeur de Paasilinna sont communicatifs. Une lecture à conseiller donc, pour chasser la morosité et découvrir que post apo ne rime par forcément avec désolation, désespoir et violence.

Gallimard - Folio - 2009

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Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 14:42

folio0485-1996-1-.jpgPar une nuit glaciale de l’hiver 1940, Pierre Saint-Menoux, jeune professeur de mathématiques, fait la rencontre de Noël Essaillon. Ce dernier, reconnaissant en Pierre l’homme dont les théories novatrices lui ont permis de mener à bien ses propres recherches, lui fait part de sa récente découverte : la noëlite. Ingérée, cette matière a l’étonnante propriété de permettre les voyages dans le temps. Unissant leurs efforts les deux hommes améliorent cette invention et entreprennent de visiter passé et avenir à la recherche du secret du bonheur pour l’humanité. Mais peut-on sans risque influencer le cours de l’histoire ?

 

Ce livre constitue, à l’instar de La machine à explorer le temps de H. G. Wells, un classique des romans de voyage dans le temps. Tous les aspects inhérents à ce thème de la littérature de science-fiction y sont en effet envisagés : voyage dans le passé et le futur, rencontre du héros avec lui-même, modification de l’histoire…et même quelque réflexions sur le présent, cet instant si éphémère qui n’est plus tout à fait du futur et pas encore du passé.

La structure du roman est en revanche assez classique et comporte trois parties bien distinctes :

La découverte de l’invention permettant le voyage temporel avec son lot de descriptions techniques et les premiers essais, encore timides ;

Les voyages dans le futur qui sont l’occasion pour l’auteur d’imaginer l’avenir de notre société et de l’espèce humaine. Ici, les pérégrinations des personnages les mènent tout d’abord dans le Paris de l’an 2052, c’est à dire à l’endroit et l’instant qui voient débuter son premier roman : Ravage. Puis, après ce petit clin d’œil, il nous propulse en l’an 100000 sur une Terre peuplée d’êtres qui, bien qu’étant nos lointains descendants, n’ont plus grand chose d’humains, pas même l’apparence.

Les incursions dans le passé, la tentation d’influer sur le déroulement des évènements afin de modifier un présent désagréable et l’inévitable paradoxe temporel qui peut en découler.

Enfin, et comme souvent chez Barjavel, l’histoire s'agrémente d’une jolie romance et son écriture associe superbement humour et poésie. En voici quelques exemples :

« …vous êtes resté coincé entre le présent et le futur ! En somme, vous étiez au conditionnel ! »

« …la loi de l’espèce les mène par le bout du sexe. »

Pour être tout à fait honnête j’ajouterais que Monsieur Barjavel se laisse parfois aller à quelques réflexions misogynes. La preuve :

« …une futilité qui abaissait les hommes au niveau des femmes. »  

« …la tête était bien la partie de leurs corps dont les femmes avaient le moins besoin pour vivre ! »

Gallimard – Folio - 1996

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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 18:33

manchette-1-.gifMichel Terrier est un tueur à gages. Un professionnel qui enchaîne les missions pour se constituer le pécule qui lui permettra de se retirer. Le moment lui semble d'ailleurs venu et, après un dernier contrat rempli avec succès, il annonce à son employeur son intention de prendre sa retraite. L'occasion croit-il, de retrouver la jolie Anne, son amour de jeunesse qui l'attend depuis dix ans. Mais l'agence n'est pas décidée à laisser filer son meilleur exécuteur et va entreprendre de le faire changer d'avis. Par tous les moyens.

 

Jean-Patrick Manchette fut l'un des chefs de file du néo-polar, avatar post soixante-huitard du roman policier français dans lequel se sont également illustrés les Daeninckx, Pouy, Jonquet et autre Delteil, tous auteurs que j'apprécie grandement. Je devais donc en toute logique finir par ouvrir un de ses livre. Ce fut La position du tireur couché, son dernier roman mais, d'après ce que j'ai pu lire ici ou là, pas forcément le plus représentatif de son œuvre.
Il s'agit en revanche d'un très bon exemple de sa manière d'écrire et de son style si particulier : dépouillé, nerveux, phrases courtes et termes précis. Un style quasi médical qui relate les faits sans chercher à les enjoliver. Juste le reflet de l'exacte réalité. Presque le compte rendu d'un médecin légiste.
Ce qui surprend aussi c'est la distance que l'auteur met entre son personnage et le lecteur avec cette narration à la troisième personne du singulier et l'usage de vocables impersonnels pour désigner son héros : il, l'homme... A aucun moment il ne nous dévoile ses sentiments et seules nous sont révélées les réflexions qui motivent ses actions immédiates. Toute empathie est donc impossible d'autant qu'il s'agit d'un être détestable, froid et sans conscience. Même les deux ou trois flash-backs nous faisant découvrir son enfance malheureuse, son rejet par la classe aisée ou un amour impossible ne parviennent pas à nous le rendre sympathique.
On se surprend néanmoins, contre toute justice, à espérer la réussite de son entreprise et le châtiment de plus pourri que lui. Car il n'est finalement qu'un pion sur l'échiquier politique international, un outil de précision dont on se débarrasse lorsqu'il a fini d'être utile. Mais c'est bel et bien à sa déchéance que nous assisterons. La perte de son argent et de son amour de jeunesse sonneront le glas de ses rêves de retraite dorée et le livre ce termine sur une ironie grinçante avec un retour à la case départ sans doute plus terrible que la mort.

Gallimard - Folio Policier - 1998

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Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 18:01

foliosf085-1-.jpgCe gros roman de plus de 600 pages est composé de trois parties bien distinctes mais complémentaires.
La première nous présente l'une des conséquences probables de l'apocalypse nucléaire à savoir la perte d'une grande partie des connaissances humaines, cause d'un hallucinant retour en arrière et d'une longue période d'obscurantisme. Les survivants sont revenus à une organisation féodale de la société. Des potentats locaux se disputent territoires et ressources. Dans ce contexte, l'église constitue la seule structure organisée et vraiment durable. Les moines y passent le plus clair de leur temps à reproduire des schémas techniques dont ils ne soupçonnent même pas le sens ou l'utilité. Fort heureusement pour eux d'ailleurs puisque la science, jugée responsable du cataclysme, est désormais formellement proscrite.
La seconde partie nous projette quelques siècles plus tard. De puissants états se sont constitués et le savoir n'est plus frappé d'interdit. Véritables îlots de connaissances, les monastères (notamment celui de Saint Leibowitz) sont devenus des enjeux politiques.
La dernière partie se déroule encore bien des siècles plus tard. La civilisation a rattrapé son retard et même dépassé le stade qui était le sien avant l'apocalypse. L'humanité a conquis l'espace et colonisé d'autres planètes mais ne semble pas s'être assagi pour autant : un nouveau conflit nucléaire menace.

Pas de doute, ce roman témoigne de la malheureuse propension de l'homme à répéter ses erreurs. Malgré les siècles d'obscurantisme et de ténèbres qui ont suivis une première apocalypse, malgré les effets encore visibles de cette catastrophe (malformations physiques dont sont encore atteintes certaines personnes) les hommes demeurent prêts à tout pour assouvir leurs rêves de puissance.
Il donne aussi à réfléchir sur la recherche scientifiques et le fait que, bien souvent, les découvertes soient utilisées à d'autres fins que l'amélioration de la condition humaine. "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" disait Rabelais. Sa maxime est plus que jamais d'actualité.
Mais malgré ces belles réflexions, ce livre m'a paru aussi long et fastidieux que le travail des moines copistes dont il nous parle. La démonstration de Walter M. Miller, aussi intéressante soit-elle, ne nécessitait peut-être pas tant de pages.

Gallimard - Folio SF - 2001

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Samedi 7 avril 2012 6 07 /04 /Avr /2012 10:11

neosff025[1]Les quatre nouvelles qui ouvrent ce recueil sont toutes d'inspiration fantastique.

 
Deux histoires de vaudou tout d'abord. L'une, assez classique, met en scène une abominable sorcière cajun qui terrorise une famille dans un bayou de Louisiane (L'araignée d'eau). L'autre voit les amis de la victime d'un envoûtement se venger de l'agresseur de façon assez inattendue (Une tournure d'esprit). Dans chacune, les personnages sont d'abord désemparés face aux forces obscures qui s'invitent dans leur existence. Ils parviennent toutefois à surmonter ce traumatisme dès lors qu'ils admettent le surnaturel et commence à s'en servir. Deux histoires agréables qui ont aussi en commun une chute amusante sur le thème de l'arroseur arrosé.

 

C'est aussi l'humour qui préside à L'abominable invité où un chat doué de parole dit ses quatre vérités à un parasite mondain avant de se débarrasser de celui qu'il estime être un dangereux rival dans l'affection de sa maîtresse.


Douce-Agile ou la licorne n'est en revanche qu'un petit conte de fée vaguement moralisateur et sans grand intérêt.

 

Les deux nouvelles suivantes illustrent chacune à leur manière l'égoïsme de l'homme ou tout au moins sa vision égocentrique du monde.

Dans La peur est une affaire, un individu médiocre est témoin d'une manifestation extra-terrestre. Par un concours de circonstance, il devient le gourou de millions d'illuminés croyant à une prochaine invasion. Contacté par de gentils aliens qui lui proposent de servir d'intermédiaire entre eux et l'humanité à laquelle ils ont beaucoup à offrir, il décline leur offre pour conserver son fonds de commerce.

L'homme qui apprit à aimer est une parabole sur le poids des conventions et le regard d'autrui. Un jeune hippie met au point un moteur révolutionnaire. Afin d'être crédible face aux décideurs et pouvoir diffuser son invention il décide de rentrer dans le rang. Adieu cheveux longs et guitare, bonjour costard-cravate. Il réalisera son ambition mais à quel prix ?

Case et le rêveur
est une jolie histoire d'amour par delà le temps. Un homme ramené à la vie se souvient de ses derniers jours passés en compagnie d'une femme sur une planète isolée. Une allégorie toute mignonne sur la recherche du bonheur et les petites joies toutes simples dont on ne mesure pas toujours la valeur.

Le dossier Verity appartient au genre épistolaire. L'action nous est contée par le biais d'un échange de notes de service au sein d'une entreprise pharmaceutique. Là encore, Sturgeon nous fait une remarquable démonstration de la cupidité humaine qui, trop souvent, empêche l'homme de faire le bonheur du plus grand nombre.

Le scalpel d'Occam est sans doute la nouvelle la plus étrange du recueil. Elle débute par le long portrait d'un individu doté d'une intelligence remarquable et s'achève sur une mystification dont ce dernier sera la victime. Mais il n'est pas le seul puisque le lecteur tombe lui aussi dans le panneau avant que le fin mot de l'histoire ne lui soit révélé.

Le point commun de la plupart de ces nouvelles est une vision sans concession des travers de l'homme mais néanmoins teintée d'optimisme. Lorsque les humains s'entre aident, lorsqu'ils s'ouvrent aux autres et essayent de penser différemment tout devient possible.
La SF de Sturgeon est délicate, sensible et engagée. Sa critique du mercantilisme de la société américaine est corrosive (l'avidité des multinationale dans Le dossier Verity, la cupidité des télévangélistes dans La peur est une affaire) et sa défense de l'écologie (Le Scalpel d'Occam) ou des modes de vie alternatifs (Le dossier Verity, Case et le rêveur) évidente.

Nouvelles Editions Oswald - 1981

 

 

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Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 18:24

MasqSF085-1-.jpgAlors qu'il vogue vers les côtes de l'Afrique à bord d'un super cargo nucléaire, Knowle Noland se souvient de différents moments de sa vie. De sa jeunesse misérable dans une ville surpeuplée, de ses longues années de travail forcé dans une ferme d'état ou de son bref passage chez les "voyageurs". Mais un naufrage et quelques lettres d'une inconnue le plongeront dans les méandres de la politique de l'Afrique, dernier continent encore "viable".

Ce roman de Brian Aldiss vaut surtout pour sa description d'une Terre transformée par l'homme, soumise, épuisée, exsangue.

Nous découvrons des continents entiers transformés en open-field et subissant les effets néfastes d'un productivisme porté à son paroxysme. Nous pénétrons dans des villes érigées sur d'immenses plateformes où la promiscuité est telle que les gens traînent dans les rues plutôt que rester dans leurs minuscules habitations. Nous côtoyons un temps les voyageurs qui refusent l'existence que le système leur impose et vivent traqués dans les ruines des anciennes cités. Nous rencontrons la secte des abstinents qui s'oppose au suicide collectif que représente une natalité non maîtrisée et nous abordons le continent africain riche d'espoir mais divisé et au bord de la guerre.

Un livre sombre et d'un abord difficile. Le récit y est fait à la première personne par un individu qui, de son propre aveu, est victime d'hallucinations. Les flash-backs y sont fréquents et l'on passe, sans crier gare et sans aucun souci de chronologie, du présent à diverses périodes de son passé. Pourtant il vaut la peine de s'y accrocher ne serait-ce que pour le décor qu'il nous brosse d'un monde surpeuplé en proie à une famine chronique mais aussi pour les états d'âme de son héros, désabusé mais refusant d’abdiquer tout espoir.
Après le très ardu "Mars blanche" et le décevant "Monde vert", me voici réconcilié avec cet écrivain. Tant mieux.

Le Masque SF - 1979

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Mercredi 28 mars 2012 3 28 /03 /Mars /2012 19:49

FnAnt1308-1-.jpgJack la poudre est un prospecteur qui parcoure l’espace en tous sens dans l’espoir de découvrir un bon filon. Au cours de l'un de ses voyages, une avarie à bord de son vaisseau l'oblige à se poser sur une planète inconnue. Capturé par des insectes humanoïdes, il est emmené en captivité avec d’autres humains. Il apprend d'eux qu'il se trouve sur la planète Persh et qu'ils sont prisonniers de l’un des six clans qui se disputent le pouvoir et que l'on distingue à la couleur de leur bannière. Au cours d'une attaque perpétrée par un clan ennemi, il prend la défense de ses geôliers et met en fuite les assaillants. Il obtient ainsi sa libération mais devient la cible privilégiée des autres clans. Il va alors mener un double combat pour libérer les humains de la tyrannie des pershéens et comprendre qui lui en veut et pourquoi.

 

C'est un bien chouette petit roman que le duo Fontana/Paris nous a pondu là. Cour, vif et pétulant, il oscille entre Science Fiction et fantasy. La SF pour le cadre général, l'entrée en matière et la conclusion, la fantasy pour le corps du récit avec ses combats à l'arme blanche ou l'aspect "médiéval" de la société pershéenne.
Tout va très vite et sans le moindre temps mort. L’action est menée tambour battant. Les batailles succèdent aux duels et les retournements de situation s'enchaînent. Çà ne laisse pas beaucoup de temps pour s’intéresser au caractère de personnages qui, héros excepté, ne se posent d'ailleurs pas beaucoup de questions. Alors on fait comme eux. On se contente de se laisser porter par ce récit simple, fluide et plaisant.
Notons tout de même que l’épilogue est relativement surprenante et confère au livre ce petit plus qui en fait une lecture très recommandable.

Fleuve Noir Anticipation - 1984

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Vendredi 23 mars 2012 5 23 /03 /Mars /2012 18:18

FnAnt0107-1-.jpgVoilà presque 300 ans que le vaisseau (son nom a disparu avec ses premiers habitants) s’est élancé dans l’espace en direction de Pollux. 300 années, seize générations. Le temps nécessaire pour parcourir les 32 années-lumières qui sépare la Terre de la lointaine étoile. Pour y parvenir, il faut donc tout économiser : l'énergie, l’oxygène, les matières premières et soumettre l'équipage à des lois draconiennes pour éviter gaspillage et surpopulation. Mais cela n'étant pas suffisant, il fallu se résoudre à supprimer toute personne atteignant l'âge fatidique de 40 ans. Secrètement bien sûr, et en maquillant les meurtres en accidents. Jay West, l’un des exécuteurs, se trouve confronté à un cas de conscience lorsqu'on lui ordonne de tuer le père de sa fiancée. Cherchant une solution à son dilemme, il découvre que certains membres de l’équipage jouissent pourtant d’une longévité peu commune et que des rebelles se dissimulent dans la zone d’apesanteur…

"Le vaisseau étoile", également intitulé "Objectif Pollux" chez Ditis et "Fils des étoiles" chez Futurama, est un excellent roman de SF mettant en scène ce qu'il est convenu d'appeler un "vaisseau-genérationnel". Il s'agit d'une gigantesque nef spatiale permettant à une importante population de vivre en autarcie pour un voyage dont seule la destination est connue. Quant à la durée....on l'imagine plutôt longuette.

Cet espace énorme mais néanmoins clos et limité impose des conditions de vie particulières. Or, c'est précisément la découverte de la société miniature qui y prospère et des lois qui la régissent qui confère au livre une bonne part de son intérêt. Nous y apprenons par exemple que les femmes ne peuvent enfanter que pendant un nombre restreint d’années, que l’enseignement des sciences et techniques est dispensé par le visionnage de vidéos, que les conflits sont réglés au cours de duels et que le crime de gaspillage est sanctionné par le recyclage…..du délinquant.

L'enquête du policier-renégat est également bien plaisante. Haletante et riche en découvertes, elle ne nous laisse aucun instant de répit jusqu'à la révélation finale. Une révélation un peu surprenante puisque l'on s’attend à ce que des dirigeants qui ont gouvernés avec un manque d’humanité évident subissent une juste punition. Or, il n’en est rien et, mieux encore, l’épilogue semble même leur donner raison et justifier leur conduite !

Fleuve Noir Anticipation - 1958

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Dimanche 18 mars 2012 7 18 /03 /Mars /2012 20:12

blackcoat012-2011-1-.jpgDans la France de 2065 mieux vaut avoir quelques talents à monnayer si l'on souhaite s'en sortir. C'est heureusement le cas de Tom Costa à qui sa qualité de seul aviateur disponible confère un statut particulier. Avec son ULM il est en effet l'un des seuls à maintenir le contact avec les autres cités, faire du troc et signaler les périls de l'extérieur. Mais un danger bien plus important que les hors-murs se rapproche des cités états de Seine et Marne. Un péril qui va plonger le jeune aviateur au cœur d'une guerre sans merci où il jouera un rôle de première importance.

 

Des post-apo français, il y en a déjà eu beaucoup, et de très bons : Ravage de Barjavel, Malevil de Robert Merle, plusieurs bouquins d'Andrevon ou même la célèbre trilogie de Gilles Thomas. Dans ce contexte on se doute bien que l'auteur ne va pas révolutionner le genre, même hexagonal. Pourtant il réussi a occuper le terrain à sa manière, intelligente et sensible.
Premier bon point il y a une vraie histoire. Laurent Whale ne se contente pas de se reposer sur le background bien connu du genre : héros solitaire, communautés exsangues, petits despotes et chiens sauvages. Son synopsis est parfaitement maîtrisé et nous dévoile à son rythme ce qu'il faut d'indices et de révélations pour aboutir à un final cohérent. Il y a ensuite une bonne alternance entre des scènes mouvementées (combats, exfiltrations) ou instructives (débriefings et réunions) et les passages descriptifs (la vie à Pontault ou à Meaux). Il y a enfin une bonne dose d'introspection puisque, le récit se faisant à la première personne, nous avons tout loisir de nous imprégner de l'état d'esprit du héros et de faire nôtres ses joies, ses peines et ses espoirs. On découvre ainsi un personnage bien sympathique, un grand cœur, fidèle et non violent précipité dans un monde de brutes.
Un héros qui n'est pas sans rappeler ceux d'un autre sociétaire de la Blanche Rivière. Eh oui ! La filiation avec P. J. Herault est évidente. On trouve dans son roman le même rejet de la violence sous toute ses formes, le même éloge de l'amitié et bien sûr, la même passion du pilotage et des vieux coucous. Et des coucous on en verra de toute sorte : des petits et des gros, des avions, des ULM, des gyros... On les côtoie au sol ou dans les airs, en combat et à l'atelier. C'est peut-être un peu too much pour les
non passionnés et c'est d'ailleurs mon seul bémol avec l'ambiance « roman de guerre » extrêmement prégnante.

C'est sans doute pourquoi j'ai préféré la première partie du récit qui couvre environ un gros tiers du roman. La vie dans la communauté citadine de Pontault y est particulièrement bien rendue avec ses habitants vivant d'expédients, le troc généralisé, la démerde. On y voit des véhicules roulant au méthane ou à la force du mollet, on s'y nourrit du maigre produit de la ferme collective mais aussi de chats ou de rats. C'est précis et très crédible et j'aurais aimé traîner davantage avec le Kid pour découvrir un peu plus cet univers de bric et de broc.

Pour faire bonne mesure, signalons encore une foule de second rôles bien travaillés, des apartés forts intéressants sur les origines de l'apocalypse économique qui causa l'effondrement de la société, et... une absence quasi totale de personnages féminins. Eh M'sieur Whale, elles sont où les filles ? San ! Oui, Ok il y a San. La muse de l'ami Tom, son cœur, sa vie. Il en parle beaucoup le bougre. Il l'a dans la peau c'est sûr. Mais pour ce qu'on la voit. A peine le temps d'un p'tit vol en ULM et d'une partie de jambes en l'air. Le reste de l'histoire, elle le passe à jouer les otages. Tu parles d'une vie ! Quant aux autres nénettes, on en voit pas lerche. Alors la prochaine fois, un peu plus de place au beau sexe, hein !
Malgré tout, le résultat est plutôt satisfaisant. Laurent Whale a parfaitement mené sa barque avec ce fringant mélange de post-apo et de roman guerrier. J'espère même que, à l'instar de Géha et Blondelon, il nous concoctera rapidement une petite suite.

Black Coat Press – Rivière Blanche - 2011

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Mardi 13 mars 2012 2 13 /03 /Mars /2012 18:43

386870830-1-.jpgDe sa naissance en janvier 1981 à sa mort le soir du passage à l’an 2000, l’histoire de la courte et insignifiante existence de Bernard Garcin dit « Gueule de rat ».

 

La vie de Bernard Garcin c’est un peu celle d’un Forest Gump français. L’histoire d’un type pas trop futé (c’est un euphémisme) et encombré d’une existence qu’il subit sans jamais tenter d’en changer le cours. Mais à l’inverse du fier américain à qui tout réussi, notre pauvre Bernard semble doté d’une scoumoune sans nom : un père qui abandonne sa famille, une mère qui se prostitue et le bat comme plâtre, un physique ingrat et, comme si çà n’était pas suffisant, il se trouve affublé d’une dyslexie qui ruine son cursus scolaire mais lui permet au moins de parler verlan sans effort. Pour compléter le tableau précisons qu’il vit à La Cargat (La Ciotat ?) au moment de la fermeture des chantiers navals et de la prise de la municipalité par le Front Français (Front National ?). Bref, une existence bien mal engagée et que l’auteur résume très justement par ces quelques mots : « Un destin, on se le forge. Simplement, on a pas toujours les instruments pour ».

Cela permet en tout cas à Jean-Pierre Andrevon de nous repasser en accéléré l’histoire de la société française en cette fin de vingtième siècle. Une société qui oscille entre espoir socialiste et racisme, pauvreté et montée du FN. Une sorte de chronique de la misère ordinaire, servie par une écriture intelligente, savoureuse et un humour grinçant mais qui fait mouche. Tout le monde en prend pour son grade : les milices du FN et les extrémistes musulmans, la police et les vigiles, les services sociaux et le système pénitentiaire. Le constat implacable d’un système à bout de souffle.

La Table Ronde - 1999

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